Cycle de vie d’un produit sur Internet

Internet est un catalyseur, le développement de cet outil a considérablement raccourci les cycles, que ce soit en terme de production, de vente mais surtout en terme de cycle de vie d’un produit ou service.

Une illustration peut être trouvée dans le cycle de vie des réseaux sociaux et notamment l’experience de « MySpace »

« MySpace sauvé des eaux » titre (15-06-2011) ebusiness-info dans son fil d’information du jour.
Fondé en 2003, myspace fait partie des premiers grands réseaux sociaux transnational.
Son positionnement marketing est très largement dominé par la thématique musicale et à ce titre il reste aujourd’hui l’un des sites de référence au vu du nombres de « musiciens » référencés sur ce réseau social.
En revanche MySpace a perdu de son aura, son audience a dégringolé et sa valorisation à plus que chuté.
En 2005, News Corp a acheté MySpace 600 millions de dollars, selon le Groupe MySpace aurait pu être vendu un mois plus tard 6 milliards de dollars, tout ca pour en 2011 le vendre à Specific Média 35 millions de dollars.

A la belle époque de « MySpace » personne ne prévoyait sa chute (ce qui fut le cas également pour le Mur de Berlin), c’était sans compter l’arrivée de Facebook.
Notons que Facebook a très certainement pris de nombreuses parts de marché à MySpace, la raison est simple elle tient dans le succès de Myspace.
Myspace a cartonné pour plusieurs raisons dont :

– 1° raison : piquée à Yahoo, c’est la notion d’annuaire.
Il faut proposer un annuaire exhaustif et qui ne cesse de s’accroitre et en l’occurance ici, des musiciens et des fans ou simples profils , en gros on applique la Loi de Moore à l’item acquisition client.
– 2° raison : plus technique, à cette époque Myspace offre une des solutions la plus simple et la plus reconnue pour héberger gratuitement un flux audio et le plus souvent de la musique, lisible en streaming et que l’on peut partager facilement et notamment sur un site Web.
Malheureusement pour Myspace, le format audio a été détrôné en terme d’utilisation et besoin consommateur par le format vidéo (YouTube / Dailymotion).
– 3 ° raison : Myspace surfe sur la notion désintermediation : cause principale de « la crise du secteur musical », en synthèse le musicien est son propre producteur il est en lien direct avec son public. Seul soucis, Myspace a mis plusieurs années à proposer une solution payant pour vendre les morceaux.
– 4° raison : la course aux amis, Si tu n’as pas « 500 amis » ca revient à ne pas avoir de Rolex : dans cette course aux amis inauguré par MySpace, Facebook aura juste besoin de se baisser pour ramasser…
– 5° raison : Attaquer le marché par une niche, en effet à cette époque l’une des tendances et l’une des croyances était d’attaquer des marchés de niche pour réussir.
Était-ce une croyance ou un constat de ce qui reste après « la marrée » des plus gros acteurs économiques…
– 6° raison : le phénomène de mode : le buzz, il fallait être sur Myspace d’un côté ou de l’autre (auditeur/fan ou producteur), or à ce jeu il y a toujours un site plus récent, plus technique et plus souple. Ce constat va l’encontre des stratégies des pionniers (CANAL SAT vs TPS)

Cette dernière explication met en péril certaines théorie marketing que sont l’ultra-segmentation et la théorie du pionner qui n’est pas applicable en l’espèce.
En terme de valorisation Myspace aurait perdu 170 fois sa valorisation la plus haute.

Plus près de nous, dans l’hexagone « Copains d’avant fait office de précurseur » en lançant son service de réseau social en 2001.
Le succès est au rendez-vous et l’audience du site a atteint des niveaux plus que corrects pour son époque.
Mais l’hésitation qu’a connu le site web en terme de modèle économique (gratuit / payant puis gratuit) et son côté trop national ont poussé son public vers la nouveauté et le phénomène de buzz qu’a provoqué Facebook ont poussé les internautes a considérer ce réseau comme « has been ».

Au delà des raisons inhérentes au service, la consommation en technologies a au moins autant d’impact :

D’une part, le taux d’équipement en « poste informatique » (Ordinateur et Téléphone portable permettant la réception d’Internet) et en accès Internet des ménages et des entreprises augmente considérablement et tend à couvrir toute la population.
Internet se place désormais comme un média à part entière et qui plus est il fait très bon ménage avec le média de prédilection du grand public la télévision. Il est constaté en effet à ce jour que TV + Internet sont consommés à de nombreux moments ensemble.

D’autre part, l’interactivité croissante et changeante que permet le média internet tend à rendre toutes nouveautés comme une vieillerie en l’espace de quelques clics.

L’internaute pense (et souvent à raison) qu’il existe toujours mieux ailleurs avec de nouvelles fonctionnalités et toujours moins cher.
C’est le principe naturelle « de gratuité du web » (côté B to C) qui prévaut.

A ce jour, on n’imagine pas la fin de Facebook voir même de Google et pourtant tous les jours il se crée de nouveaux réseaux sociaux et de nouveaux outils Internet et pour les plus gros acteurs implantés le temps d’intégration de ces nouvelles fonctionnalités nécessitent de lourds investissements car plus le site web est connu et le modifier devient compliqué.

Certains sur-investissent dans la recherche et le développement quitte à ne réussir qu’occasionnellement dans leurs nouveautés (Google) : c’est augmenter la durée de vie de son service (et surtout son entreprise) par l’innovation.
D’autres restent inertes par rapport à la nouveauté et considère que changer est plus dangereux : là c’est plus la politique de l’autruche qui est appliquée :) .

Faites l’expérience par vous même : si vous avez un smartphone surfez sur les mêmes sites que vos sites web sur ordinateur classique et vous verrez que de nombreux sites web appartenant à des acteurs importants du marché ne sont pas adaptés à ce nouveau support de réception de l’Internet, bien que de nombreux utilisateurs en soient équipés (un abonné sur 4).

En synthèse, l’investissement sur Internet est hasardeux, on a plus l’impression d’avoir à faire à une stratégie proche du casino (côté consommateur bien sur), qu’à la gestion « du bon père de famille » évoqué dans le Code Civil.

La finance n’a pas aidé ce mouvement en créant des valorisations surprenantes et dangereuses.
D’autant que le mouvement favorise les gros acteurs, plutôt que les petites PME.

Une des stratégies recherchée est le « copier-coller » avec amélioration du concept afin de gêner les plus gros et espérer un rachat, or dans cette hypothèse et au vu du contexte économique, le + gros a intérêt à être patient et il sera souvent payer pour reprendre le concept « un peu gênant ».

Enfin, les concepts d’internet développés aujourd’hui nous paraisse moins créatif que ceux que l’on pouvait dénicher en 2000.
A cette époque, les salons Internet (SETI, Online) fourmillaient d’idées très en avance sur leur époque, aujourd’hui les salons sont remplis d’exposants qui vendent la même chose et très peu se risquent à créer de nouveaux concepts, fait encore plus étonnant, très peu ont repris les concepts de cette époque à leurs comptes pourtant aujourd’hui au vu du taux d’équipement des entreprises et des ménages le succès pourraient être au rendez-vous.

http://ebusiness.info
http://www.journaldunet.com/ebusiness/le-net/myspace-rachat-investisseurs-0611.shtml
http://fr.wikipedia.org/wiki/Myspace
http://www.fevad.com/
http://digeetal.fr/leblog/?p=67
http://www.linformaticien.com/actualites/id/21932/rupert-murdoch-acheter-myspace-etait-une-grosse-erreur.aspx